Le Blog du professeur Tournesol

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Qui doit-on aider ? 31 octobre 2009

Filed under: Cours en Stock — professeurtournesol @ 18:19

Le Plan pour la réussite en Licence donne des moyens spécifiques pour des initiatives pédagogiques ayant vocation à lutter contre l’échec dans les premières années universitaires. C’est un peu une usine à gaz, mais ça va dans le bon sens (dans la mesure où les enseignants jouissent d’une liberté pédagogique totale). Pour la matière dans laquelle je donne mon cours magistral (un cours d’analyse en 1ère année, la rupture avec le Lycée y est radicale et les résultats aux examnes souvent catastrophiques), nous avons opté pour une solution peu originale : des séances de soutien pour les étudiants assidus qui se trouvent en difficulté.

Pour diverses raisons, aussi bien administratives (pas forcément évidentes) que pédagogique (plus compréhensibles), le nombre de places pou rces cours de soutien sont limitées. Outre que nous les réservons aux étudiants qui sont motivés (assidus, travailleurs, etc…), nous devons choisir quels types d’étudiants nous allons aider par ce biais.

Au départ, j’avais choisi les étudiants ayant les plus mauvais résultats au premier contrôle continu du semestre. Puis un chargé de TD m’a fait remarquer (non sans un certain cynisme) que
1. d’une part parmis eux certains étaient complètement « à la rue » (comprendre, ils n’ont pas acquis le minimum de base enseigné au Lycée) et probablement irrécupérables cette année.
2. d’autre part certains étudiants « un peu limites » (comprendre, ils sont moyens mais pourraient réussir à s’accrocher si on leur donne le coup de pousse approprié) profiteraient bien mieux de séances de soutien.

Je suis resté un peu perplexe. Ce collègue n’a pas tort…mais je me sens malgré tout le devoir de faire tout ce que je peux pour les irrécupérables (qui ne le sont pas forcément tous). Du coup j’ai trouvé une solution peu satisfaisante (le moindre mal selon moi) : diviser les heures de soutien par étudiant en deux, et constituer deux groupes :
1. un premier groupe de soutien constitué d’étudiants très en retard (dont certains n’ont probablement pas leur place à l’université, mais dont la grandeur de l’université est justement de les accueillir).
2. un second groupe de soutien constitué d’étudiants capables mais qui rencontrent quelques difficultés à s’adapter au rythme de l’université.

Espérons qu’on réussira à aider, d’une manière adéquate, chacun d’eux.

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Chang Aïe

Filed under: Nouvelles de Moulinsart — professeurtournesol @ 16:58

Ca y est le nouveau classement de Shanghaï est arrivé. D’après Le Monde, il irrite mais s’impose. En fait ce classement s’impose surtout en France (et en Europe). Aux USA on l’ignore royalement (vous me direz, c’est le luxe des riches de pouvoir mépriser l’argent). Je me souviens encore d’une discussion sur ce sujet avec un collègue de l’université du Winsconsin Madison : il ignorait l’existence de ce classement et l’a trouvé stupide dès lors que je lui en ai expliqué le principe et les critères.

Pour revenir au classement lui-même. Nul doute que le gouvernement va attribuer les progrès des universités française (la France se classerait pour la première fois à la 5ème place des nations) à ses réformes. A l’inverse, des mauvais résultats justifieraient la poursuite de réformes (les mêmes) qui remédient à celà. Et puis en cas de classement identique, ce serait un peu des deux !

Mais une fois de plus, si on y regarde bien, le classement de la France (entre la 5e et la 7e place) correspond en gros à son « rang » sur le plan économique et géopolitique. Bref, une fois de plus la France est depuis des années « à sa place ».

Au-delà de ces considérations, cette manie (très bureaucratique) des classements a bien des effets pervers. En particulier la multiplication du nombre d’articles écrits et publiés (qui s’accompagne immanquablement d’une baisse notable de la qualité de ceux-ci), ainsi que des dysfonctionnements du processus éditorial.

Ajout du 2 novembre 2009 : les echos parlent du fameux classement et citent Lionel Collet qui constate avec une certain lucidité

que certaines universités françaises se maintiennent, voire progressent, mais, dans l’ensemble, il n’y a pas de grands changements

L’article intitulé « Universités : le classement de Shanghai confirme le retard français » verse (comme ses confrères) dans le commentaire servile. Il n’évoque pas le fait que ce classement est superbement ignoré par les américains, et ne fait aucun rapprochement entre le rang de la France dans ce classement et son rang économique. Il pousse même jusqu’à trouver surprenant que les universités françaises apparaissent particulièrement performantes en mathématiques. Outre que l’excellence de l’école mathématique française est une constante du paysage académique mondial depuis bien longtemps, cette surprise illustre parfaitement la haine de soi développée par les élites économique de notre pays : quoi, notre service public arriéré serait capable de quelquechose ? Bande de zouaves !

 

Linux for human beings 30 octobre 2009

Filed under: Tryphonneries — professeurtournesol @ 11:53

Pour une fois, la presse généraliste s’intéresse au logiciel libre ! Le Monde publie un entretien avec Mark Shuttleworth, créateur de la fondation Ubuntu, à l’occasion de la sortie de la dernière version de cette distribution de Linux qui se vante d’être accessible « aux êtres humains ». Ca change de la publicité faite gratuitement à Microsoft, sous couvert d’information, à l’occasion de la sortie de chaque nouvelle version de Windaube.

Et puis les noms des versions d’Ubuntu sont tellement plus sympas que ceux des systèmes d’exploitation commerciaux ! La dernière s’appelle « Karmic Koala » ; c’est plus migon que « Windows 7 » non ?

Ajout : plusieurs administrations ont fait le choix du logiciel libre de part le monde. C’est le cas récemment de la Maison Blanche. Pionnière, l’assemblée nationale a fait ce choix il y a deux ans !

 

Le Monde dé zidais 29 octobre 2009

Filed under: Nouvelles de Moulinsart — professeurtournesol @ 22:51

Une chronique d’un abonné du monde serait consacrée à la délicate question de la gratuité des études universitaires. Mais de gratuité il n’est en fait que très peu question dans ce texte. Tout au plus on y trouvera l’affirmation (non justifiée) que

le revers de la gratuité est de transformer les étudiants en simple consommateurs : ils sont là car ils y ont droit.

A moi il me semblait qu’un consommateur c’est une personne qui estime avoir un certain nombre de droits sous pretexte qu’il paie, justement. En fait le revers de la non-gratuité est précisément de transformer les étudiants en consommateurs… une telle liberté à l’endroit de la réalité laisse présager une bien mauvaise chronique.  Le texte est à vrai dire une sorte de plaidoyer non assumé pour le salariat étudiant :

Une idée pourrait ainsi être d’obliger chaque étudiant inscrit à travailler deux heures par semaine pour le compte de l’université. Quelque soit la tâche qu’il effectueraient, que ce soit du service dans un fast-food, du travail dans l’une des bibliothèques de l’université ou encore du tutorat, son salaire serait reversé sur le compte de l’université. En échangeant la cotisation financière par une cotisation temporelle, chaque étudiant se trouverait alors sur un pied d’égalité avec son voisin.

Ah la fausse bonne idée que voilà ! Outre qu’un tel système serait totalement contraire au droit du travail, il aurait le double inconvénient
1. d’ajouter une activité supplémentaire qui parasite le travail personnel des étudiants
2. de ne pas résoudre le problème du financement des universités.
Exemple : le budget de l’université Lyon 1 est 300 millions d’euros. Cette université compte 34.000 étudiants. A raison de 2 heure par semaine payées au SMIC pendant 30 semaines (universitaires) cela fait 600 euros par an et par étudiant ; soit en moyenne (et à la louche) 400 euros de plus que les frais d’inscriptions annuels payés par un étudiant. On arrive donc à 34.000*400=13.600.000, soit moins de 5% du budget, sans compter qu’il faudra effectivement trouver du travail à tout ces étudiants (pas gagné) et gérer la logistique qui va derrière (c’est mois lourd d’avoir un salarié présent pendant 35 heures que 18 étudiants qui font 2 heures par semaine, et ont des contraintes horaires liées à leur emploi du temps universitaire… bref, un casse-tête bureaucratique en perspective et des coûts supplémentaires).

Une question me vient à l’esprit : Le Monde choisit-il les chroniques d’abonnés qu’il publie en ligne ou procède-t-il simplement à une sélection aléatoire ?

Ajouts : 1. Je précise que les fautes d’orthographes qui apparaissent dans les passages cités ne sont pas de moi.
2. Sur la question des droits d’inscriptions et du financement des universités je vous conseille ceci.
3. Pour connaître le(s) montant(s) des dits droits, c’est ici.

 

In Ur Face 20 octobre 2009

Filed under: Tryphonneries — professeurtournesol @ 19:11

La carrière universitaire est faite de petites déceptions qui, bien qu’anticipées, font toujours un peu mal à l’égo. Ces déceptions (comme se voir refuser un bon article dans une revue de très haut niveau) sont plus nombreuses quand on est sujet à des accès chroniques de confiance en soi excessive. C’est à la suite d’un tel accès que j’avais décidé de candidater à l’IUF. J’ai appris hier par téléphone que je n’étais pas sélectionné. Je m’y attendais. C’est dans l’ordre des choses (il y a objectivement de bien meilleurs candidats potentiels que moi). Et pourtant je ne peux pas m’empêcher d’être déçu.

 

Fils de… 19 octobre 2009

Filed under: Nouvelles de Moulinsart — professeurtournesol @ 21:14

La semaine dernière, lors de l’émission « C dans l’air » consacrée à la probable élection de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD, Roland Cayrol remarquait (avec dépit) qu’il y avait beaucoup (trop ?) de « fils de » dans les grandes écoles (où il semble parfois intervenir). Ce monsieur affirmait en gros ce jour-là que les déboires de Prince Jean étaient révélateurs de l’état (déplorable) de la formation des élites dans notre pays.

Peut-être sera-t-il plus écouté que les choeur des universitaires, qui tente vainement de faire entendre cette mélodie deuis quelques temps déjà.

 

Mathématiques sarkozystes 13 octobre 2009

Filed under: Tryphonneries — professeurtournesol @ 10:28

Une fois n’est pas coutume, Sárközy fait parler de lui sur le oueb !