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Bogdanov : menteurs un jour, menteurs toujours 5 novembre 2010

Filed under: L'affaire Tournesol — professeurtournesol @ 01:02

J’avais démonté il y a quelques temps sur ce blog les mensonges de Grichka Bogdanov.

Il récidive sur France Inter en affirmant :

Nous, Igor et moi, avons tout de même signé de notre seul nom […] près de 10 articles dans les meilleures revues […] en 8 mois

Même si il rectifie ses propos en parle ensuite de 8 articles, les affirmations portées par le sieur Bogdanov ne sont pas exactes :

  • Ils n’ont à ce jour pas publié 10 ou même 8 articles, mais 6 :
    1. Bogdanoff, G.; Bogdanoff I.; Thermal equilibrium and KMS condition at the Planck scale. Chinese Ann. Math. Ser. B 24 (2003), no. 2, 267–274.
    2. Bogdanoff, G.; Bogdanoff, I.; KMS space-time at the Planck scale. Nuovo Cimento Soc. Ital. Fis. B (12) 117 (2002), no. 4, 417–424.
    3. Bogdanoff, Igor; The KMS state of spacetime at the Planck scale. Chinese J. Phys. 40 (2002), no. 2, 149–158.
    4. Bogdanoff, Grichka; Bogdanoff, Igor; Spacetime metric and the KMS condition at the Planck scale. Ann. Physics 296 (2002), no. 1, 90–97.
    5. Bogdanov, Grichka; Bogdanov, Igor; Topological field theory of the initial singularity of spacetime. Classical Quantum Gravity 18 (2001), no. 21, 4341–4372.
    6. Bogdanov, Igor Topological origin of inertia. Czechoslovak J. Phys. 51 (2001), no. 11, 1153–1176.
  • Certains articles sont presque identiques.
  • Seules 2 des 6 revues dans lesquelles ils sont publiés peuvent être qualifiées de « bonne » ou « très bonne ». Les 4 autres sont des revues de 3ème zone.
  • On ne peut pas considérer qu’ils ont été réalisés en 8 mois dans la mesure où ils sont le fruit d’un travail de thèse de plusieurs années (les Bogdanov insistent assez là-dessus pour qu’on s’en souvienne).
  • Grichka Bogdanov insiste sur le fait qu’ils signent seuls leurs articles, rebondissant sur les propos de son frère. Celui-ci avait précédemment diffamé la communauté des chercheurs

    qui passent leur temps en effet à protester, à faire semblant de chercher, à publier avec les copains, parce que c’est facile de publier un article quand il y a 15 signataires […] C’est le genre de pratique qui dans la recherche malheureusement est beaucoup trop courant.

    En mathématiques et en physique théorique, disciplines dont se prévalent les frères Bogdanov, le lecteur peut vérifier que le nombre moyen d’auteurs par article est environ 2… et dépasse rarement 4.

Parlant de sa thèse, Grichka Bogdanov prétend aussi que

il y a des propositions mathématiques nouvelles, il y a notamment un théorème, hé bien ça donne lieu à une publication

Sauf que cette prépublication n’a jamais été publiée (alors que Grichka Bogdanov prétendait déjà en 2004 qu’elle avait été acceptée dans une revue à comité de lecture) et que la pertinence du résultat qui y a donné lieu n’est pas acquise.

 

Pour finir voici un petit cadeau pour les lecteurs anglophones ; vous pourrez vous régaler avec cette « review » de mathscinet sur l’article numéro 5 :

The present article claims to suggest a new approach to understanding the physics of the very early universe. This is supposedly done by employing topological quantum field theory, supergravity, quantum groups, and von Neumann algebras (among other things). Unfortunately, the authors completely fail to substantiate their claim.
The paper is formulated in extremely vague terms. Worse, it is rife with nonsensical or meaningless statements and suffers from a serious lack of coherence. It is elusive to the extent that it is impossible even to determine with certainty precisely what the authors might have wanted to demonstrate. While the authors superficially bring in a lot of fashionable mathematical physics, the reader is led to doubt in many places whether they actually understand what they are talking about.
A few examples from different sections of the paper will be sufficient to show its fundamental deficiencies. These examples are rather representative of the style of the paper as a whole and were chosen more or less arbitrarily. Perhaps the most remarkable one is Definition 1.2: « A theory is topological if (the Lagrangian $\bold{L}$ being nontrivial) it does not depend on $\bold{L}$. » This is plain nonsense.
Consider Example 2.2. After writing down a generic path integral including fields and a metric the authors proceed: « To include the point-like (zero-modes) configurations of $g_{\mu\nu}$, we put $\roman{Tr}(-1)^n$ in the integral and obtain… $\int \roman{Tr}(-1)^n D[\phi] \exp[iS(\phi)]$. » Apart from the odd way of inserting this undefined trace expression in front of the measure (which apparently is not a typo as it reoccurs) this has no discernible connection with including « point-like configurations of $g_{\mu\nu}$ » whatsoever.
Another example is Proposition 4.1: « The Euclidean and the Lorentzian Hopf algebras are related by the cocycle bicrossproduct $U_q({\rm so}(4))^{{\rm op}\, \psi}\triangleright\!\!\! \blacktriangleleft U_q({\rm so}(3,1))$. » This is clearly not a mathematical statement. It is like saying the groups $G$ and $H$ are related by their product $G\times H$. Indeed what the authors proceed to (partially) show in the « proof » is the definition of the crossed product. However, even if they had shown the existence of the bicrossproduct this is completely at odds with the sentence following the « proof »: « Clearly, Proposition 4.1 proves the possible `unification’ between the $q$-Lorentzian and the $q$-Euclidean Hopf algebras at the Planck scale. »
A final example (in Section 5.1.4) on von Neumann algebras: « There exist three types of factor: the types I and II (in particular here II$_\infty$), which are commutative and endowed with a trace, and type III, which are noncommutative and traceless. » While one might excuse the statement about « tracelessness » as a translation error this is clearly not the case for « commutative ».
To conclude, the present paper falls short of scientific standards and appears to have no meaningful content.

AJOUT DU 5 NOVEMBRE : la vidéo complète de l’interview est disponible ici, et décidément les Bogdanov ne sont pas à un mensonge près :

Grichka Bogdanov, interrogé à propos d’éventuelle poursuites contre Marianne : Pour la première fois on est confrontés à quelque chose que nous n’aimons pas, c’est-à-dire trouver une réponse juridique à une attaque.

Sauf que, et le journaliste le leur rappelle, ils avaient déjà attaqué Ciel et Espace il y a quelques années pour des raisons similaires

Grichka Bogdanov, interrogé à propos de la mention honorable : la réponse elle a été donnée par notre directeur de thèse [dans] un communiqué officiel […] Il dit, écoutez bien « la mention honorable est indépendante du contenu des travaux »

Le seul extrait de la mise au point faite par Daniel Sternheimer qui aborde cette question de la mention honorable est pourtant le suivant :

la mention honorable qui apparaissait dans le rapport de soutenance était rarement attribuée ; les mentions concernant les doctorats ont d’ailleurs été abolies par un arrêté du 25 avril 2002, qui prévoit qu’elles ne peuvent subsister que dans le rapport de soutenance, communiqué au candidat.

Encore un mensonge ? Mais Grichka Bogdanov ne doute de rien :

Je le dis très immodestement, je pense que nous méritions Igor et moi la mention très honorable et peut-être même au delà. Ca nous avait été dit au départ. Trois jours avant la soutenance à l’école polytechnique j’avais virtuellement les félicitations du jury.

Plus c’est gros, plus ça passe ?

 

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