Le Blog du professeur Tournesol

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Quand Calixthe Beyala soutenait Kadhafi 21 février 2011

Filed under: L'affaire Tournesol — professeurtournesol @ 22:21

A l’heure où le régime de Kadhafi fait tirer sur sa population, à l’heure où même les démocraties occidentales complaisantes (il faut bien pouvoir acheter du pétrole et réguler l’immigration en provenance d’Afrique) appellent timidement le régime lybien à la « retenue » (quelle blague!), il est bon de se souvenir que des intellectuels français ont soutenu Kadhafi. Outre notre sémillant ambassadeur en Tunisie (un intellectuel de première classe), Calixthe Beyala le fit avec une outrance et une grossièreté remarquables :

 

Centrale Paris vs ParisTech 17 février 2011

Filed under: Nouvelles de Moulinsart — professeurtournesol @ 12:53

A lire sur lemonde.fr aujourd’hui, une interview du directeur de l’Ecole Centrale Paris.

Interrogé sur les raisons de l’absence de son école dans le regroupement ParisTech, il répond (c’est moi qui souligne) :

Le modèle ne me convient pas. Je pense qu’il ne faut pas créer de regroupement de grandes écoles sans les universités et il n’y en a pas dans ParisTech. Les querelles entre les grandes écoles et les universités sont du domaine du passé et il n’y a que des avantages à terme à s’entendre. Nous nous sommes donc rapprochés de l’université Paris 11 et de l’Ecole Normale Supérieure de Cachan pour leur excellence scientifique, de Supélec pour étendre notre base en sciences de l’ingénieur et enfin de l’Essec pour sa complémentarité en management. Nous allons mettre en commun beaucoup de nos moyens en recherche comme en formation doctorale. Les sciences de l’ingénieur et les sciences fondamentales ont beaucoup à gagner à se rencontrer. Pensez à de nouveaux outils de calcul qui permettent par exemple de modéliser la circulation du sang dans les vaisseaux sanguins. Il faut des mécaniciens et des physiciens pour comprendre les flux, des mathématiciens pour les mettre en équations et enfin des informaticiens pour créer les programmes qui permettront d’exploiter les données.

Sur la place des doctorants dans les entreprises françaises, on appréciera sa position nuancée :

La France délivre à peu près 10000 doctorats scientifiques chaque année. Un quart trouveront leur place dans l’université. 75% devront donc d’intégrer dans l’entreprise. Notre mission est donc de les préparer à avoir un métier. Mais attention, contrairement à ce qu’on dit souvent en France, le doctorat n’est pas la voie royale pour accéder à des positions éminentes dans les autres pays. A cet égard, l’Allemagne, qui est souvent citée, est une exception ! Nous avons mené une étude à l’ANRT (Association Nationale de la recherche et de la Technologie), qui a permis de démontrer que, dans les 200 premières entreprises mondiales pour le budget de recherche et développement, les docteurs ne représentaient en moyenne que 15% des comités de direction (20% en France, ce qui n’est pas si mal !). Le tout avec des différences spectaculaires puisque les docteurs n’y sont que 8% aux Etats-Unis mais 56% en Allemagne. Il faut dire qu’aux Etats-Unis, la moitié des doctorants intègrent ensuite un poste académique, les autres allant majoritairement dans l’entreprise faire de la recherche et du développement. Ce pour quoi ils sont justement formés et qu’on ne fait pas suffisamment en France.