Le Blog du professeur Tournesol

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Le prix Hubbard attribué à Grichka Bogdanov 21 octobre 2010

Filed under: Prix Hubbard — professeurtournesol @ 12:38

Le comité exécutif du Prix Hubbard (constitué d’un unique expert) a décidé d’attribuer le prix Hubbard à Grichka Bogdanov, pour avoir déclaré

  • tout seul, à propos de la partie du rapport du CNRS consacré à sa thèse :
  • Il dit : « Grichka Bogdanov a écrit une énormité page 17 de la thèse ». Or quand vous vous reportez à la page 17 de la thèse, du chapitre 1, normalement, vous vous retrouvez dans le chapitre 3, c’est-à-dire dans quelque chose qui n’a rien à voir. Donc à mon avis le rapport a été fait de façon tellement lointaine, de façon tellement peu sérieuse, qu’effectivement on n’y retrouvera pas l’image de ma thèse.

  • avec son frère Igor, à propos du même rapport :
  • L’idée de savoir que le CNRS détient des rapports diffamatoires sur des travaux scientifiques de certaines personnes est détestable. On découvre ainsi qu’il existe dans les couloirs obscurs du CNRS une sorte de « Stasi » scientifique, faite d’agents secrets destinés à abattre tel ou tel chercheur.

Selon le comité, les propos retenus satisfont aux trois critères énoncés pour l’attribution du prix. Toutes nos félicitations au lauréat, ainsi qu’à son frère (qui l’a quand même bien aidé).

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Grichka Bogdanov a menti sur Canal+ 20 octobre 2010

Filed under: L'affaire Tournesol,Prix Hubbard — professeurtournesol @ 23:31

Invité du Grand Journal sur Canal+, Grichka Bogdanov déclare à propos du rapport du CNRS (c’est environ à 6min40 dans la Partie 2) :

[Le rapport] dit : « Grichka Bogdanov a écrit une énormité page 17 de la thèse ». Or quand vous vous reportez à la page 17 de la thèse, du chapitre 1, normalement, vous vous retrouvez dans le chapitre 3, c’est-à-dire dans quelque chose qui n’a rien à voir. Donc à mon avis le rapport a été fait de façon tellement lointaine, de façon tellement peu sérieuse, qu’effectivement on n’y retrouvera pas l’image de ma thèse.

Le lecteur peut vérifier que la page 17 de la thèse de Grichka Bogdanov, qui est en ligne, se trouve bien dans le chapitre 1 de celle-ci, contrairement à ce qu’a dit Grichka Bogdanov sur Canal+. Cette page, la 17e du document .pdf de la thèse, est numérotée 3 par l’auteur de la thèse (qui utilise une numérotation indépendante pour la partie introductive de son manuscrit). Sur cette page on trouve bien, comme il est écrit dans le rapport du CNRS, l’énormité suivante :

Note : SO(2, 2) n’a pas de représentation matricielle, ce qui supprime la notion usuelle d’état quantique.

Peu importe la numérotation des pages finalement (page 17 du fichier .pdf de la thèse, page 3 d’après la numérotation de l’auteur), Grichka Bogdanov affirme bien dans sa thèse que le groupe SO(2,2) n’admet pas de représentation matricielle. Et c’est énorme!!!

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Ajout du 21 octobre : sur une autre vidéo on peut voir l’ami Grichka réitérer son mensonge (vers 2min sur la vidéo) :

Il me fait dire quelque chose que je n’ai jamais écrit dans la thèse

Son frère dit aussi quelque chose de remarquable (vers 1min30) :

Le rapport est invalide car nous ne sommes pas partie prenante du CNRS, et il n’y a aucune raison pour que cette institution […] vise deux chercheurs totalement extérieurs au CNRS.

Sauf que ce rapport ne vise pas tant Igor et Grichka Bogdanov que leurs thèses et les experts qui les ont encadrées et cautionnées. Par ailleurs, il est bon de rappeler que ces thèse ont été préparées au sein d’un laboratoire dont le CNRS était l’une des tutelles, sous le patronage d’un Directeur de Recherche (DR) du CNRS. Il est donc tout à fait légitime que cette institution se penche sur d’éventuels dysfonctionnements dans le processus d’attribution du diplôme de docteur au sein de ce laboratoire et sous la direction de ce DR.

 

Une « stasi » scientifique !? 17 octobre 2010

Filed under: L'affaire Tournesol,Tryphonneries — professeurtournesol @ 23:46

Depuis quelques jours le net reparle beaucoup des frères Bogdanov. Ces derniers se défendent (assez mal à vrai dire) dans le Parisien. Le comble du grotesque est atteint lorsqu’ils évoquent une « Stasi » scientifique :

L’idée de savoir que le CNRS détient des rapports diffamatoires sur des travaux scientifiques de certaines personnes est détestable. On découvre ainsi qu’il existe dans les couloirs obscurs du CNRS une sorte de « Stasi » scientifique, faite d’agents secrets destinés à abattre tel ou tel chercheur.

A propos de diffamation, les B. brothers n’ont pas obtenu gain de cause la dernière fois qu’ils ont attaqué quelqu’un sur ce motif. Mais chat échaudé ne semble pas craindre grand chose :

Nous ne sommes pas loin de penser qu’il s’agit d’un faux. Nous en voulons pour preuve les nombreuses erreurs qu’il contient. Il cite à plusieurs reprises des passages de nos thèses en s’appuyant sur les numéros de page. Tout est faux et invalide. C’est un document malveillant destiné à nous nuire, bourré de remarques calomnieuses. Et sûrement pas un travail scientifique. Nous pensons porter plainte contre X.

En attendant le CNRS confirme :

Contacté par l’AFP, le CNRS a quant à lui confirmé que le document existait bel et bien et qu’il pourrait être prochainement rendu public, sous réserve d’un avis favorable de la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada), attendu début novembre.

 

Quelques vérités sur les Bogdanov 15 octobre 2010

Filed under: L'affaire Tournesol,Tryphonneries — professeurtournesol @ 20:09

Histoire d’augmenter les fréquentations de mon blog (proches du zéro absolu), je vais mentionner les dernières révélations sur les thèses des Bogdanov. Marianne2.fr publie des extraits d’un rapport resté confidentiel (ce que je ne m’explique pas étant donné le scandale que constitue cette « affaire »).

La nouvelle me met en joie. Non pas parce qu’elle va fatalement nuire aux sympathiques jumeaux du PAF (c’est regrettable pour eux, même s’ils ne sont pas à plaindre), mais parce que la vérité et la probité sont des valeurs importantes pour l’avancement des sciences. J’ai longtemps été navré que certains collègues ne se choquent pas de voir des thèses indigentes soutenues, et aillent jusqu’à trouver la situation bénéfique en terme d’attractivité pour le filières scientifiques.

Ajout : Sur Télé 2 semaines Igor Bogdanov déclare qu’il est « prêt à défendre [sa] thèse une seconde fois devant un jury d’honneur du CNRS de dix experts ». Je veux bien en être amigo!

Dans la même interview le journal nous apprend que l’un des fils Sarkozy bosse avec eux… l’enterrement du rapport depuis 2003 a-t-il quelque chose à voir avec cela ? I.B. répond en disant qu’il « ne voi[t] personne qui pourrait se mouiller pour [les] défendre ». Moi je vois par exemple Luc Ferry qui les avait défendu dans Le Figaro : reconnaissant qu’il était incompétent sur le sujet, il prétendait pourtant que l' »affaire » n’était que le fait des scientifiques jaloux et envieux.

 

Protectionnisme 5 octobre 2010

Filed under: L'affaire Tournesol — professeurtournesol @ 09:06

Dans l’édito du Monde, consacré à la ruée vers la dévaluation, on peut lire :

Mauvais souvenir que tout cela. Avec au bout de la spirale, si l’on devait s’y engager, la réplique que ne manqueraient pas de mettre en place ceux des Etats qui s’estiment victimes de ces pratiques : des mesures protectionnistes pures et simples.

Pourquoi le protectionnisme serait-il mauvais a priori ?

Même préjugé chez Martin Wolf du Financial Times :

un monde régi par le protectionnisme a toutes les chances de mal finir.

On a la désagréable sensation que l’alternative est binaire : libre-échange ou protectionnisme généralisé. Et puis on aurait aimé quelques arguments venant soutenir cette affirmation péremptoire. Sans quoi on peut légitimement songer qu’il s’agit avant tout de l’expression d’une croyance.

Tout de même, Mr. Wolf (dont le corps de l’analyse de la situation monétaire actuelle et tout à fait pertinente) fait preuve, au détours d’un raisonnement, d’une exceptionnelle lucidité sur l’un des piliers du dogme ultralibéral :

Un des indicateurs de l’excédent de l’offre est la baisse de l’inflation sous-jacente aux alentours de 1 % aux Etats-Unis et dans la zone euro : la déflation pointe.

Il ne va pas jusqu’à remettre en cause 30 ans de politique économique tournée vers l’offre et préfère parler « excédent de l’offre » plutôt qu’ « appauvrissement de la demande ». Mais c’est un début!